… des raisons d’espérer …

… je publie ce document – qui n’est pas de moi – parce qu’il m’a transporté par sa  fraîcheur : pour une fois, dans une France tellement noyée dans le pessimisme, qu’on trouve un optimiste, il faut lui faire une statue !

conformément aux règles de ce blog, je n’ai pas retouché le document et, même si, évidemment, on peut discuter chacun des points, je partage complètement l’optimisme général de l’article

il est signé du beau père – que je remercie – d’un de mes frères

Daniel Gendrin

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Les media usuels donnent souvent une information axée sur les problèmes
français, sur la violence et les questions judiciaires, les attentats dans le monde.
L’éclairage est mis sur ce qui ne va pas et sur l’immédiateté. Bien sûr notre
monde actuel connaît des dysfonctionnements, des avancées et des reculs. Il ne
s’agit pas de dire comme Candide « tout va pour le mieux dans le meilleur des
mondes possibles », mais d’énumérer ce qui, à nos yeux, justifie une espérance
raisonnée et raisonnable.

Au plan mondial

  • L’absence de guerres mondiales avec son corollaire de dizaines de millions de morts ; nous avons connu la guerre froide, voire la guerre économique, mais il n’y a pas eu de guerre nucléaire.
  • Une meilleure gouvernance mondiale : certes l’ONU est un organisme imparfait, mais il est une précieuse instance de concertation. Il faut citer l’UNESCO, l’Organisation Mondiale du Commerce et toutes les réunions rassemblant la plupart des nations pour fixer des objectifs de développement du millénaire (OMD) ou discuter des évolutions du climat de la Terre et de son réchauffement.
  • Une prise de conscience que le destin de l’humanité se joue sur une planète dont les ressources sont limitées et qu’il faut solidairement prendre soin de cette planète.
  • Les nouveaux moyens de transport et de communications ont fait de notre Terre un grand village planétaire avec des problèmes de migration, mais aussi des opportunités de rencontres, d’échanges.

Au plan européen

  • L’Union Européenne a permis le développement des pays de l’Europe de l’Est après 45 ans de communisme grâce aux fonds structurels et le retour de ces pays dans l’espace européen.
  • Les institutions européennes évoluent lentement vers plus de démocratie : le futur Parlement interviendra dans le choix du président de la Commission, d’ores et déjà une pétition signée par plus d’un million de citoyens doit être étudiée.
  • Les directives européennes s’imposent aux différents pays dans de nombreux domaines : l’agriculture, l’environnement, la justice et les droits individuels …
  • Une prise de conscience des insuffisances sociales de l’Europe s’amorce.

Au plan national

  • Notre pays dont la taille est modeste à l’échelle planétaire demeure dans le peloton de tête des pays développés. Ses atouts sont importants : une bonne démographie, un secteur agricole fort, une recherche développée, de bonnes infrastructures, quelques entreprises performantes, une exception culturelle française…
  • Une ouverture sur le monde comme en témoignent l’expatriation de nombreux jeunes et la création de plusieurs ONG (CCFD, Médecins du Monde …) et associations pour soutenir la formation et le développement des pays d’outre-mer.

Au plan local

  • Le renouvellement du secteur associatif qui crée du lien social et œuvre pour le vivre ensemble. En septembre, les Forums des associations sont très fréquentés et plusieurs personnes donnent de leurs temps pour faire vivre ces associations.
  • L’amélioration du cadre de vie : fleurissement des communes, tri des ordures
  • L’innovation sociale : l’AMAP crée un lien direct entre le producteur et le consommateur

Au plan personnel

  • Indéniablement l’espérance chrétienne donne sens à ma vision positive sur les hommes et les femmes de notre temps ainsi que sur leurs actions pour mieux vivre ensemble.
  • Cependant, quelques soient nos convictions, il me semble que nous ne pouvons pas être indifférents aux initiatives qui manifestent la solidarité entre les êtres telles que : commerce équitable, voyages solidaires, jumelages, soutien scolaire,
  • etc…

Maurice Seigner

… caméra près des habitations : sécurité, flicage, gaspillage ou voyeurisme ? …

… je publie ce document – qui n’est pas de moi – parce qu’il m’a paru traiter d’un vrai problème, en l’occurrence l’application de la Loi par certaines municipalités et l’absence de prise en compte du respect de la vie privée de leurs administrés

il est signé d’un vieil ami d’école qui atteste de la réalité de la situation

Daniel Gendrin

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Au-delà même du débat sur l’intérêt réel des caméras dans l’espace public, la pose et l’utilisation de caméras 360°, par certains maires (comme celui de Vincennes dans le cas examiné), près des habitations sont-elles conformes à l’esprit de la « loi orientée vers la protection de la vie privée ». Visiblement non ! Pourquoi ?

Le positionnement de la caméra

Une caméra toute proche des habitations (1 m 50 environ) maximise l’angle d’observation de l’intérieur des appartements. Pourquoi ce choix puisque que la loi est orientée vers la protection de la vie privée ?

L’espace ne manque pourtant pas alentour, un grand jardin public jouxte la caméra. Une caméra à 100 mètres permettrait de réduire le champ de vision à l’intérieur des habitations, si cela est souhaité.

Choix et coût de la caméra, préoccupation environnementale

Selon le courrier du maire, la moitié du champ de la caméra choisie (360°) ne servirait donc délibérément à rien. La caméra aurait un coût exagéré par rapport au besoin réel puisque une  moitié du champ de vision de cette caméra est constituée du champ privé, l’autre moitié étant l’espace public. Une caméra conçue pour un champ de vision constitué uniquement de l’espace public aurait suffi.

La caméra tournant 24 h/24 et 365 jours/an consomme inutilement de l’énergie pour se tourner vers les habitations qui ne seraient pas des objectifs visés. La caméra consomme donc en permanence le double de la consommation utile, s’use davantage. Et, pendant qu’elle se tourne vers l’intérieur des habitations c’est-à-dire la moitié du temps, elle ne surveille plus l’espace public sur lequel elle est supposée assurer la protection des passants.

Ce qui précède indique bien la contradiction entre la décision du maire et :

  • les préoccupations économiques qui touchent les citoyens notamment à travers leurs impôts,
  • les préoccupations sur l’environnement (sensible à la consommation d’énergie).

Qui plus est, les caméras ont dû être équipées par de dispositifs de ‘floutage’ pour flouter les images privées, ce qui constitue un coût supplémentaire qui aurait pu être évité ; en effet, une caméra orientée vers l’espace public uniquement n’aurait pas imposé ce coût.

La sécurité des images privées

Les dispositions prises par la mairie ne garantissent pas l’inaccessibilité des images puisque le procédé utilisé est informatique, donc vulnérable à divers dysfonctionnements : bugs, piratage, vols de mots de passe, comportements indélicats, etc.

Un simple cache physique (‘un morceau de matière plastique’ par exemple, à un coût véritablement dérisoire par rapport au coût d’une caméra installée) posé du côté des habitations aurait suffi à protéger l’espace privé. Cette suggestion faite aux services techniques de la mairie, bizarrement, n’a pas eu non plus d’écho favorable.

A moins que l’insécurité dans la zone se concentre près des fenêtres des habitations ou dans les habitations, le choix de ces caméras paraît incompréhensible, dans l’optique d’une orientation de la protection de la vie privée.

NB : l’arrêté 2011/2540 du 26.07.2011 évoqué par le maire :

  1. ne fixe pas le type de caméra (même si une approche numérique est évoquée),
  2. n’empêche pas l’installation d’une véritable protection physique de la vie privée,
  3. ne demande pas la localisation d’une caméra si près des habitations.

Charles Samba

… fin de vie ; ouverture d’un débat …

… je publie ce document – qui n’est pas de moi et qui ne respecte pas les règles de ce blog (il est beaucoup plus long) – parce qu’il me paraît intéressant pour un débat qui est désormais officiellement ouvert et qu’il est bien écrit

il est signé d’un neveu médecin et donne son avis ; je ne l’ai pas modifié ; je me réserve la possibilité de donner mon avis dans un papier séparé ; en particulier, le lien qu’il contient – vers le site d’une organisation que je ne connais pas – engage la responsabilité de l’auteur

Daniel Gendrin

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Chers Amis,

Voici quelques raisons qui font que je ne suis pas favorable à l’euthanasie.

(D’abord, je voudrais préciser que je m’exprime à titre purement personnel, même si je suis médecin, et que ce point de vue n’engage que moi.)

Dans l’état actuel des choses, en France, personne n’a le droit de tuer quiconque. Et mon expérience (limitée, bien sûr, à une petite quinzaine d’années à l’hôpital public), c’est que c’est plutôt une bonne chose.

C’est une bonne chose, à condition que les soignants, les soignés et les proches évitent de se lancer dans un « acharnement thérapeutique », c’est-à-dire des actions destinées à traiter certaines maladies de façon déraisonnable par rapport à la situation globale de vie d’une personne.

Donc, actuellement, les situations de fin de vie doivent être gérées par un équilibre « ni acharnement, ni euthanasie ».

Et quand une personne arrive dans cette période où le traitement de sa (ses) maladie(s) devient déraisonnable, les soignants (en accord avec la personne et/où ses proches) doivent privilégier les soins visant au confort (les fameux « soins palliatifs »), en arrêtant les autres traitements.

Bien sûr, je suis conscient que chaque situation est unique, qu’il est difficile de juger du « bon moment » pour privilégier les soins de confort, qu’il est difficile de décider de ce qui est un traitement « raisonnable ». Surtout, je suis conscient que les fins de vie ne se passent pas toujours bien (et que parfois, malheureusement, elles se passent très mal).

Mais je pense que, dans l’immense majorité des cas, la loi actuelle est adaptée (en 15 ans à l’hôpital, dans la dizaine de services où j’ai été interne puis assistant puis praticien, le principe « ni acharnement, ni euthanasie » s’est avéré bon dans toutes les situations que j’ai rencontrées).

Tout le problème est de bien appliquer cette loi, au quotidien, avec chaque personne, chaque famille, chaque situation de vie. C’est difficile parfois, et je n’ai pas la prétention d’avoir toujours fait au mieux. Mais quand ça ne s’est pas bien passé, je pense que cela n’était pas du fait de la loi, mais de la façon dont elle était appliquée.

Cette loi est rassurante :

– Pour moi en tant que soignant (elle pose mes limites : ce n’est pas moi qui décide de la vie et de la mort des personnes qui me sont confiées). Mais cette loi évite également que mes patients m’imposent de les faire mourir.

– Mais aussi pour les personnes soignées : elles savent que, quand elles rencontrent un médecin, celui-ci a pour mission de les écouter, d’essayer de comprendre de quoi elles souffrent, d’essayer de les soigner. Surtout, elles savent que, si leur vie arrive à son terme, le médecin a pour mission de tout faire pour qu’elles ne souffrent pas, mais qu’il ne va pas provoquer délibérément leur mort.

–  Et pour les familles qui nous disent si souvent « surtout, nous ne voulons pas qu’il/elle souffre ». Les médecins peuvent les assurer qu’ils utiliseront les traitements qu’il faut pour éviter la douleur, l’angoisse… quitte à ce que ces traitements, par leurs effets sédatifs notamment, raccourcissent cette période de fin de vie. Mais qu’en aucun cas ils ne sont autorisés à utiliser un traitement dans le but unique de provoquer la mort de leur proche.

Donc, je pense que la loi actuelle est bonne. Bien sûr, il y a des exceptions, des situations inextricables, mais elles sont…exceptionnelles (même si elles font toujours l’actualité, et donc qu’on pense qu’elles sont fréquentes, alors qu’en 15 ans, je n’y ai jamais été confronté). Et, à mon avis, ces situations exceptionnelles ne devraient pas amener à changer la loi.

Si l’euthanasie était autorisée, que se passerait-il ?

Je ne suis pas devin, mais si on se base sur ce qui se passe dans les pays où elle est autorisée, on peut faire quelques suppositions :

– les euthanasies ne seraient pas réservées à des situations exceptionnelles, mais deviendraient fréquentes (plus d’un millier d’euthanasies par an en Belgique, pour celles qui sont déclarées, et elles ne le sont pas toutes)

–  Les euthanasies ne seraient pas réservées à des situations de pathologies incurables avec des souffrances ressenties comme insupportables, mais seraient possibles dès que le patient le demande (même à l’occasion d’une dépression par exemple, où dans les suites immédiates d’un accident…).

– L’idée, au total, pour les partisans de l’euthanasie, et notamment les membres de l’Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité (ADMD), est que la société aide toute personne qui le désire, pour une raison ou pour une autre, à mourir, que ce soit par le suicide assisté (où c’est le patient qui appuie sur le bouton), ou par l’euthanasie, où c’est le soignant qui fait ce geste.

– En ouvrant la possibilité de l’euthanasie, on ouvre également la porte à toute une série de dérives, comme actuellement en Belgique : élargissement demandé pour les personnes atteintes de pathologies mentales (et donc privées de leurs capacités de jugement, comme dans la maladie d’Alzheimer…), aux mineurs jugés capables de décider, « euthanasies » à l’initiative des soignants ou des familles, avec ou sans le consentement des personnes…

– Loin de se limiter à mettre un cadre à des pratiques qui se font déjà « sous le manteau », l’autorisation de l’euthanasie ferait perdre des repères fondamentaux aux soignants, comme en Belgique, où « les personnes qui reçoivent la mort sans l’avoir demandée – ce qui n’est permis par aucun pays et qui n’est pas de l’euthanasie- sont estimées à 1.8% contre 0.6% en France » selon M. Léonetti, preuve que « les médecins Belges [à cause de la légalisation de l’euthanasie] se sentent 3 fois plus libérés qu’en France pour faire ce qui est répréhensible dans tous les pays, c’est-à-dire donner la mort à quelqu’un qui ne l’a pas demandée ».

– Pour les médecins, confrontés à la difficulté psychologique que peut représenter une fin de vie, l’euthanasie deviendrait une solution de facilité, pour se débarrasser d’un patient qui les met devant leurs limites. D’après le Dr Dopchie, oncologue et chef de service en Soins Palliatifs à Tournai : « Pour certains de mes collègues, s’occuper de quelqu’un qui va mourir, c’est du temps perdu (…), alors la mort devient une solution de facilité ».

– Quant au contrôle des euthanasies, il serait probablement basé, sur la nécessité d’une validation par un second médecin (mais, en Belgique par exemple, des réseaux de médecins pro-euthanasie se sont constitués, pour faciliter la tâche de leurs confrères, en validant facilement les demandes). Il existe aussi une déclaration obligatoire à postériori, dont on estime qu’elle est faite seulement dans la moitié des cas aux Pays-Bas (les médecins adorent remplir des formulaires ! Et on peut imaginer qu’ils ne déclarent pas en priorité les dossiers les plus litigieux). De toute façon, la Commission de contrôle en Belgique n’a rien trouvé à redire aux quelques 5000 dossiers qui lui ont été soumis depuis sa création en 2002…

– Sans compter les économies de santé que représenterait la légalisation de l’euthanasie. Lorsque les Urgences débordent de monde et que l’on rajoute des lits supplémentaires dans les chambres des patients, les soignants seront-il toujours enclins, si l’euthanasie est légalisée, à mettre en place des soins palliatifs de qualité, à écouter les causes profondes du mal-être de leurs patients, pour y remédier. Ne diront-ils pas plus facilement : « vous avez raison, nous allons vous aider à mourir (ça fera une toilette de moins à faire demain matin, pour nos aides soignantes qui n’en peuvent plus) » ?

– Et, en pratique, qui  euthanasierait les patients qui le demandent ? Il y a aurait bien sûr une clause de conscience pour les médecins qui ne souhaitent pas faire ce geste, mais il y aurait une obligation de trouver une solution, probablement dans les 48h (donc, il faudrait trouver un médecin d’accord pour le faire). Il semble, dans les pays concernés, qu’il y ait un certain ras-le-bol des médecins « euthanasieurs », qui en ont assez de faire systématiquement la basse besogne ! Et aussi des infirmières, qui doivent préparer les produits, poser les perfusions… Bonne ambiance pour les derniers instants des patients

– Sans compter que, malgré la clause de conscience, l’autorisation de l’euthanasie compliquerait singulièrement la vie même des médecins qui refuseraient de la pratiquer : il faudrait redoubler d’effort pour convaincre les patients et des familles qui réclameraient l’euthanasie comme un droit, qu’il existe d’autres solutions.

En conclusion, si une telle loi étaient votée en France, qui d’entre nous (nous sommes tous plutôt altruistes et généreux, n’est-ce pas ?), en situation de fin de vie, oserait dire à sa famille, éplorée, autour de son lit d’hôpital : « Voilà, c’est le bout de la route pour moi. Maintenant, que ça prenne un jour, une semaine, ou un mois, je vous demande de ne rien faire pour prolonger artificiellement ma vie, ni pour y mettre un terme prématurément ? »

Ne dirons-nous pas plutôt : « Je ne veux pas imposer ça à ma famille, je ne veux pas qu’ils continuent à souffrir pour moi, je ne veux pas être un poids pour la société, je préfère mourir tout de suite».

Au final, la légalisation de l’euthanasie, va donc imposer un chantage affectif aux personnes en fin de vie (et même peut-être, en dehors de la fin de vie, aux personnes handicapées, fragiles…)

Voilà quelques raisons pour lesquelles je pense qu’il ne vaut mieux pas légaliser l’euthanasie.

Si vous partagez mon point de vue, je vous invite à aller voir sur le site http://www.solidairesfindevie.fr/ qui propose de signer un « appel à préserver la vie et la dignité des personnes fragiles, face à la tentation de l’euthanasie ».

N’hésitez pas également à faire passer ce message aux gens de votre entourage, pour que nous puissions prendre le temps d’un vrai débat citoyen avant de prendre une décision qui impacterait nos relations avec notre système de santé, et même nos relations sociales.

Vincent Gendrin