… quand Guignol monte en ligne …

on sait la raison de  Montebourg au gouvernement : dehors, il rendait impossible le gouvernement Ayrault ; par ailleurs il est populaire, plaisant par ses rodomontades aux colbertistes de tous poils

je suis, comme chacun – il y a désormais moins de libéraux purs et durs – partisan de l’action de l’Etat dans la sphère économique : on sait ce qu’ont donné, en termes de dégâts sociaux, économiques – et maintenant politiques – la dérégulation Reagan/Thatcher et la « main invisible » du marché

encore faut-il qu’elle soit menée avec discernement (ah, nos maîtres jésuites !) …

des exemples d’intervention ? le sauvetage de General Motors ou de Bank of Scotland, le refus par l’Etat Français des alliances entre Siemens et Alstom ou Areva, la prise de participation dans Peugeot ou le soutien apporté à Bouygues pour l’achat de SFR

il ne paraît plus anormal que l’Etat intervienne pour sauver des emplois ou des groupes industriels et qu’il prenne des participations ici ou là

mais empêcher la constitution d’entreprises européennes de taille mondiale, croire que l’État doit devenir un acteur pérenne dans les entreprises industrielles ou vouloir reconstituer des oligopoles me paraissent autant d’erreurs

les allemands peinent culturellement, c’est vrai, à monter des entreprises avec d’autres ; les tentatives d’alliance – autant d’échecs – de Daimler avec Chrysler ou Mitsubishi ou les difficultés d’EADS le montrent à l’évidence mais ce dernier exemple prouve aussi qu’il est possible de les résoudre ; l’histoire dira si le « sauvetage » d’Alstom par Sarkozy ou l’isolement d’Areva étaient des choix judicieux ; en tous cas, à ces occasions, l’Etat Français a empêché la constitution de groupes européens de taille mondiale (comme il l’avait fait beaucoup plus tôt avec Dassault Aviation – d’où la déroute du Rafale)

sauver Peugeot et y prendre des parts ? pourquoi pas ? en sachant qu’il faudra les revendre – avec profit – quand il sera temps : ce n’est pas la vocation de l’Etat d’être un opérateur industriel

enfin je ne vois pas bien la logique de l’intervention pour Bouygues contre Numéricable : revenir à l’oligopole qui a précédé l’irruption de Free dans le paysage, pour faire quoi ? sauver des emplois ? à long terme ? illusion …

… à part soigner l’ego de Montebourg – comme celui de Sarkozy en son temps – et sa popularité (les Français aiment les coups de menton) …

au bout du compte c’est pas Guignol qui gagne … c’est la réalité

Daniel Gendrin

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