j’ai parlé de Poutine dans la première partie ; s’il est associé à El Assad, c’est qu’ils sont conjointement en odeur de sainteté auprès de certains et qu’ensemble ils sont partie au conflit Syrien
un dirigeant autoritaire, c’est un dictateur qui n’a pas encore eu d’opposant sérieux ; dès qu’une opposition sérieuse apparaîtra en Russie, Poutine utilisera les mêmes moyens qu’Assad – comme il l’a fait en Tchétchénie
des syriens se révoltent pacifiquement en 2011 ; El Assad, instruit par l’exemple Libyen, choisit la répression puis, après le retournement d’une partie de son armée, la guerre ; elle se solde, 5 ans après, par plus de 250 000 morts et de 3 millions de réfugiés hors des frontières et l’irruption des islamistes … sans parler des dégâts matériels et géopolitiques, puisque personne de sensé ne voit de solution
qu’il faille négocier est une évidence ; qu’il faille le faire avec le régime en place aussi : dans une guerre, on parle avec l’ennemi …
mais imaginer que Bachar El Assad reste en place est illusoire : les 3 ou 4 millions de réfugiés qui se sont enfuis sous ses bombes vont-ils, en confiance, renter chez eux ? les opposants restés sur place vont-ils le voir reprendre le pouvoir, réimplanter sa police politique et ses centres de torture ?
je ne sais pas si de la guerre sortira une démocratie – il y a peu d’exemples – et je ne sais pas si la Syrie existera encore dans 5 ans mais il ne paraît ni vraisemblable ni souhaitable qu’El Assad reste au pouvoir ailleurs que dans un réduit Alaouite, autour de Lattaquié, et encore …
Daniel Gendrin
PS : que ceux qui aiment les régimes autoritaires méditent cette évidence : il est plus difficile d’en sortir que d’y entrer …