… étonnant : sur les réfugiés, les Européens donnent raison à Merkel …

intéressant, le sondage* publié par Bertelsmann ces jours-ci : les Européens disent que la question de l’accueil des réfugiés doit être réglée par des quotas et au niveau de l’Union ; plus encore : ils ne demandent pas leur rejet

parmi les personnes interrogées :

  • 79 % veulent une politique commune en matière de migrations et de droit d’asile – et pour 52% la responsabilité doit être d’abord assumée par l’Union
  • 79% plébiscitent une politique de quotas (« … want a fair distribution … across all countries ») et 70% disent qu’il faut pénaliser les pays qui refusent les réfugiés
  • près de 90% veulent que la protection se fasse aux frontières extérieures de l’Union et 80% disent vouloir conserver l’acquis fondamental de Schengen : la liberté de circulation des personnes
  • 50 % se ressentent parfois étrangers dans leur propre pays
  • 58 % sont inquiets des conséquences sociales de l’accueil des réfugiés
  • enfin, 54% pensent que l’interprétation des critères d’accueil ne doit pas être trop laxiste

ce qu’on peut en dire ?

  1. pour les Européens, l’Europe n’est pas le problème, c’est la solution** …
  2. le rétablissement des frontières intérieures n’est pas souhaité
  3. si les gens sont conscients des problèmes posés par l’afflux de réfugiés, il n’y a pas de consensus pour réclamer leur rejet

… les Européens moins frileux que leurs dirigeants … qui l’eût cru ? je n’imaginais pas être de l’avis d’un si grand nombre de mes concitoyens …

Daniel Gendrin

* désolé, c’est en anglais

** les autres sondages évoqués sur le site montrent des Européens qui croient en l’Europe – et en l’Euro – et la voient garantir l’Etat Social

… surprising isn’t it ? …

… la révolte Syrienne, l’Histoire contre les contes …

… j’ai un souvenir précis des propos tenus par un ami chrétien Syrien, au début du conflit : il avait des nouvelles de première main de sa famille restée au pays …

son récit n’était pas différent de ce que disaient les journaux : il y avait une révolte populaire que le régime tentait d’écraser

au départ, en février 2011, les manifestants sont dans la rue sans armes ; à partir de juillet, des militaires font défection et passent du côté de la révolte ; la non-violence fait place à la lutte armée

se pose alors, pour les révoltés, la question de l’armement ; ils se tournent vers nous, qui refusons – échaudés par l’exemple libyen – en parallèle, courant 2013, le régime libère les prisonniers qui formeront les maquis islamistes, armés par l’Arabie Saoudite

le piège est refermé et El Assad peut affirmer sans complexes combattre le terrorisme, ce qu’il ne fait d’ailleurs pas, ses troupes – et maintenant les Russes – se battant essentiellement dans les zones non tenues par Daech ou al Nosra : il ne faut pas détruire le mythe

les islamistes n’apparaissent réellement dans le paysage qu’en 2013 (al Nosra) et en 2014 (Daech)

tout cela pour évoquer un document où l’on nous conte que l’affaire syrienne trouve son origine dans un complot saoudo-qatari fondé sur une affaire de pipeline, que les Américains n’interviennent pas parce que leurs missiles sont brouillés par les Russes et que – pour se venger – ils fomentent un coup d’État en Ukraine … un roman …

c’est pourtant simple : une révolte populaire dans un contexte porteur, le dictateur se défend intelligemment, les pays voisins – tous – tentent d’en tirer profit – ou de s’en défendre, les islamistes espèrent s’y tailler un royaume, la Russie défend son allié  et l’Amérique, gaz de schistes aidant – et échaudée par 10 ans de défaites dans la région – se dépêtre du Proche Orient

… trop simple pour les adeptes de la théorie du complot …

Daniel Gendrin