… la révolte Syrienne, l’Histoire contre les contes …

… j’ai un souvenir précis des propos tenus par un ami chrétien Syrien, au début du conflit : il avait des nouvelles de première main de sa famille restée au pays …

son récit n’était pas différent de ce que disaient les journaux : il y avait une révolte populaire que le régime tentait d’écraser

au départ, en février 2011, les manifestants sont dans la rue sans armes ; à partir de juillet, des militaires font défection et passent du côté de la révolte ; la non-violence fait place à la lutte armée

se pose alors, pour les révoltés, la question de l’armement ; ils se tournent vers nous, qui refusons – échaudés par l’exemple libyen – en parallèle, courant 2013, le régime libère les prisonniers qui formeront les maquis islamistes, armés par l’Arabie Saoudite

le piège est refermé et El Assad peut affirmer sans complexes combattre le terrorisme, ce qu’il ne fait d’ailleurs pas, ses troupes – et maintenant les Russes – se battant essentiellement dans les zones non tenues par Daech ou al Nosra : il ne faut pas détruire le mythe

les islamistes n’apparaissent réellement dans le paysage qu’en 2013 (al Nosra) et en 2014 (Daech)

tout cela pour évoquer un document où l’on nous conte que l’affaire syrienne trouve son origine dans un complot saoudo-qatari fondé sur une affaire de pipeline, que les Américains n’interviennent pas parce que leurs missiles sont brouillés par les Russes et que – pour se venger – ils fomentent un coup d’État en Ukraine … un roman …

c’est pourtant simple : une révolte populaire dans un contexte porteur, le dictateur se défend intelligemment, les pays voisins – tous – tentent d’en tirer profit – ou de s’en défendre, les islamistes espèrent s’y tailler un royaume, la Russie défend son allié  et l’Amérique, gaz de schistes aidant – et échaudée par 10 ans de défaites dans la région – se dépêtre du Proche Orient

… trop simple pour les adeptes de la théorie du complot …

Daniel Gendrin