… une époque formidable …

Gérard Jugnot me pardonnera d’utiliser le titre de son film …

formidable dans le Robert : redoutable … extraordinaire … étonnant … fantastique …

aucun de ces qualificatifs n’est étranger à notre environnement

redoutable

la haine et le repli sur soi – fruits de tous les intégrismes – gagnent tous les pays, y compris le nôtre
la France peut demain basculer dans l’aventure, comme l’Europe se disloquer
la guerre menace en mer de Chine ; elle peut prendre une autre  ampleur au Moyen Orient … même l’Est de l’Europe n’est pas à l’abri : faudra-t-il un jour se battre pour Vilnius ?
l’accroissement des inégalités et l’appauvrissement des classes moyennes conduisent les peuples à la colère ; détourner leur attention vers le terrorisme ou les migrations n’aura qu’un temps et ne réduit pas – au contraire – le risque de surgissement de dérives autoritaires
le dérèglement climatique conduit le monde au bord du gouffre

extraordinaire

il faut entendre le mot au sens propre : tous les défis auxquels nous sommes confrontés – rééquilibrage de la mondialisation, prise en compte de la finitude des ressources, du nécessaire respect de la nature et de chaque personne, stabilisation en Asie et développement de l’Afrique, révolutions technologiques, rien de tout cela n’est ordinaire ; nous sommes dans une période au moins aussi extravagante que la Renaissance

étonnant

qui croyait, il y a peu, à l’universelle diffusion de l’informatique ou de la téléphonie sans fil ? quel dirigeant imaginait mener une guerre à distance, ne tuant – presque – que des ennemis sélectionnés ?  qui rêvait il y a encore trois ans d’une voiture sans chauffeur ?

fantastique

le champ des possibles est infini : le monde de demain peut être respectueux de la nature, revenir sur les errements du libéralisme débridé, poursuivre le reflux de la guerre, déconnecter travail et revenu, libérer des millions de personnes de l’avilissement de l’esclavage

vous plaignez vos enfants et craignez pour leur avenir ? pas moi … il sera ce qu’ils en feront et rien ne dit qu’il sera sinistre

Daniel Gendrin

… faites silence … écoutez … la colère gronde …

 

la colère absurde et meurtrière de ces gens qui trahissent sans s’en apercevoir le Nom de leur Dieu lequel est, comme chacun sait, Miséricorde

la colère absurde et tellement plus dangereuse de ceux qui, croyant les combattre, veulent mettre en question tout ce que les idées : liberté, égalité, fraternité nous ont poussés à construire – même si c’est, Dieu sait ! imparfait …

à l’Olivier, nous choisissons le chemin difficile, celui de la responsabilité et nous invitons nos adhérents à le suivre, nous les invitons à inviter à leur tour leurs voisins, leurs amis, tous ceux du centre ville pour que, de proche en proche, nos quartiers redeviennent des lieux de vie, des lieux sans peur, des lieux la tête haute

c’est tout le sens de notre devise : d’habitants à citoyens

nous voulons revitaliser, dynamiser, animer les endroits les plus difficiles et – puisque trop peu de leurs habitants viennent spontanément jusqu’à nous – nous sortons à leur rencontre : les « activités pieds d’immeubles » ou la fête au Square des Couleurs sont autant de provocations à ouvrir les portes et les coeurs

nous savons aussi que la femme est au centre de tout, objet de préjugés et victime de discriminations voire de violences – qu’aucune société ou tradition religieuse ne peut justifier – mais coeur de la famille

notre conviction est faite : la révolution citoyenne que nous appelons de nos voeux passera par elle, dans la famille et dans la cité

c’est pourquoi, cette année, nous avons voulu nous mettre à l’écoute des femmes, celles de nos quartiers – engagées ou pas au service des autres – mais aussi celles, emblématiques, dont les combats passés justifient la célébrité, à travers l’activité « paroles de femmes » dont les évènements se succèdent du 8 mars 2016 au 8 mars 2017

notre ambition ? construire un monde et d’abord un quartier dans lequel la colère – quelle que soit sa forme – pourra s’effacer …

Daniel Gendrin