… Benoît, Emmanuel, François, Jean-Luc, Marine et les autres …

je ne parlerai pas des autres : Alexandre Jardin, Charlotte Marchandise ou Pierre Larrouturou posent des vraies questions et peuvent créer la surprise mais je ne voterai pas pour eux

pour le reste, la campagne vaut le coup : on a – en matière économique – toutes les solutions ; je reviendrai sur chacune d’elles ; on ne trouvera ici qu’une synthèse très simplifiée ; autant dire qu’on travaille à l’envers : d’abord la conclusion puis le développement ; ça permettra à ceux de mes lecteurs qui n’ont pas le temps de se contenter de la conclusion

pour Jean-Luc, le monde est simple ; s’appuyant sur une interprétation simpliste de Keynes, il relance la planche à billets pour rétablir la croissance et l’inflation et réduire la dette ; au besoin on ne rembourse pas ce qu’on doit et si les autres ne sont pas contents, on quitte l’Union Européenne …

Benoît ouvre un débat utile : le monde à venir va-t-il voir disparaître à la fois la croissance et l’essentiel de l’emploi ? si oui, comment déconnecter emploi et revenu ? pour le reste, ses solutions sont celles de Jean-Luc : relancer la croissance – bonjour la contradiction – et tout ira bien

prétendre relancer par la dette – alors que la France est shootée au déficit depuis plus de 40 ans -, c’est se heurter au Mur de l’Argent, celui qui fit chuter le Cartel des Gauches en 1926 ; ça ne durerait pas 6 mois ; lorsque Hollande est arrivé au pouvoir, il a voulu renégocier avec Merkel le pacte de stabilité : ça n’a pas duré une semaine …

par ailleurs, pour Benoît comme pour Jean-Luc, la rentabilité et la compétitivité des entreprises n’est pas un enjeu ; ils se trompent évidemment

je ne voterai pas pour eux

en attendant le développement particulier que mérite Marine, on peut se reporter au papier que j’ai publié sur Trump : c’est exactement la même politique : la solution par le repli sur soi ; ça ne marchera pas et le risque pour la démocratie est immense …

je ne voterai pas pour elle

François veut – il le dit – casser la baraque ; son idole, c’est Thatcher ; il prétend qu’elle a sauvé la Grande-Bretagne ; mais – on le voit bien maintenant – sa politique a conduit le monde à l’envol des inégalités, à l’étouffement de la croissance et à un développement écologiquement destructeur ; c’est la – mauvaise – solution du passé

je ne voterai pas pour lui

reste Emmanuel ; le choix par défaut ? plutôt non, même si, peu connu, il peut nous surprendre

il a pour lui de vouloir – comme François – faciliter la vie des entreprises, faire des économies et tenir le déficit mais – contrairement à François – sans déifier les solutions de l’école de Chicago, celles qu’on nous impose depuis 45 ans et dont celui-ci se fait le chantre

par ailleurs c’est le seul de la bande pour lequel l’Europe n’est pas le problème mais la solution, ce que je partage, évidemment …

il est probable que je voterai pour lui

Daniel Gendrin