… droit du travail …

il l’avait promis, il le fait, c’est plutôt bien… la réforme étant peu populaire, c’est courageux … mais est-elle opportune ? faut-il réformer le droit du travail ? et – si oui – comment ?

ceux qui s’y opposent pensent que la complexité du code ne contribue pas au chômage ; il y a quatre ans, ils disaient la même chose du coût du travail ; on sait maintenant – reprise progressive de l’emploi – qu’ils avaient tort

le code ne protège pas les précaires de leurs difficultés et bien peu les salariés du chômage – rien n’oblige un patron à moderniser une usine – donc à en assurer l’avenir

imposant, en cas de litige, des procédures longues et coûteuses, il renchérit le coût du travail et maintient les plaignants – des deux côtés – dans une incertitude qui peut durer 5 ou 6 ans

quand aux procédures de consultation des salariés – je les ai abondamment fréquentées – elles sont lourdes et presque toujours formelles

pour autant, pour que puissent être défendues les personnes – car des managers et des patrons sont parfois toxiques – et aussi pour que soit exprimé l’intérêt de l’entreprise du point de vue des salariés, la relation du travail doit être codifiée

l’entreprise, en effet, n’est pas un jouet pour capitaliste : c’est le lieu où se rejoignent les intérêts des salariés, des actionnaires, des clients, des fournisseurs et de la collectivité publique

chacun devrait avoir comme préoccupation centrale son développement pour aujourd’hui et pour les générations qui viennent et chacun a des préoccupations propres – pouvoir d’achat, rémunération du capital, développement durable, participation aux communs …

chaque acteur est source potentielle de dérive, l’actionnaire sacrifiant l’avenir à la valeur des actions, le syndicat abusant de sa position – cf. la contribution des dockers français au succès du port d’Anvers – ou la Société décidant d’un environnement fiscal inadapté

les clients et les fournisseurs s’expriment par la négociation commerciale, la collectivité par les règlements qu’elle émet et Dieu sait que les actionnaires ont voix au chapitre ; les salariés doivent pouvoir exprimer leurs préoccupations, y compris dans les lieux de la décision

inefficace et indispensable, le droit du travail mérite qu’on s’en occupe

alors comment ?

nommer au poste de ministre ad hoc la DRH d’un groupe – Danone – connu pour l’ancienneté et l’ouverture de sa politique de dialogue social me paraît intelligent

interroger individuellement tous les acteurs – y compris les plus rétifs – et tenter une synthèse des avis recueillis avant de légiférer semble plus efficace que les grand-messes privilégiées par les gouvernements précédents

quant aux ordonnances, elles permettent rapidité d’exécution et contrôle parlementaire

je ne sais ce qu’il y aura au bout du compte dans les textes et si l’équilibre trouvé entre les intérêts contradictoires sera le bon – ce ne sera d’ailleurs pas écrit pour les siècles à venir – mais je suis sûr qu’il fallait s’y mettre et que là où Hollande – faute de majorité et d’une méthode efficace – a peiné, Macron – qui dispose de l’une et de l’autre – devrait arriver à un résultat

Daniel Gendrin

Un commentaire sur “… droit du travail …

  1. La République, comme l’Europe se devrait de garantir à chaque individu un rôle social assorti d’une survie la meilleure possible.

    Que ce soit par l’intermédiaire de l’entreprise privée uniquement ne semble pas possible quoique des expériences américaines soient en cours. Le tout état et la stricte régulation ont échoués devant le libéralisme capitalistique. Les mafias perturbent les deux systèmes économiques de façons différentes mais tout aussi délétères.

    Le camarade HAMON a proposé une voie utopique, car sans la contrepartie d’un rôle pour chacun dans la société. Quand on voit les efforts pour les handicapés physiques, sociaux et mentaux dans notre société, la régulation par un chômage de masse au service d’une économie libérale semble un gaspillage éhonté. Tout l’effort de la nation semble tourné vers la formation, les minimums sociaux et l’aide aux entreprises.

    Sur une petite planète au climat changeant, la mondialisation de l’économie conduira s’il n’y a aucune régulation possible de la finance internationale peut conduire à une impasse économique. Si le capitalisme sauvage a permis des avancées, son fonctionnement actuel qui pourrait être conforté par les théories sociales libérales du carambole Macron, bille rouge qui est catapultées par la finance internationales d’un côté et l’exploitation des ressources humaines de l’autre.

    De la même façon qu’une régulation de l’activité humaine et de la potentielle pullulation de l’espèce pourra se faire de façon sauvage en lien avec les catastrophes naturelles, la finance internationale dérégulée crée le chaos et l’injustice. Est-ce à l’Etat, l’Europe ou la République, d’autoriser cette dérégulation sociale libérale qui nuit à la population et à l’évolution écologique. Assouplir les règles du marché de l’emploi d’un système libéral sans organiser la création d’emplois sociaux pour les laissés pour compte et organiser un vivre ensemble cohérent me semble suicidaire, ce tout autant que les comportements humains pourraient l’être à l’échelle planétaire.

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