… réflexions sur la question antisémite …

si je reprends le titre du livre Réflexions sur la question antisémite de Delphine Horvilleur, femme et rabbin c’est que la question est – malheureusement – à l’ordre du jour …

jeune, je la croyais réglée et l’antisémitisme disparu ; je confesse que ma découverte de l’histoire millénaire de cette maladie mentale est récente

la profanation du cimetière juif de Carpentras en 1990, les élucubrations de Jean-Marie Le Pen à la même époque, la montée – et les discours – de l’extrême droite un peu partout dans le monde m’ont contraint à ouvrir les yeux …

en parallèle, au hasard des lectures j’ai découvert une littérature spécifique

la Mémoire d’Abraham ou L’histoire du Juif Errant disent la saga du peuple juif en exil tout autour de l’Europe ; d’autres textes d’auteurs Juifs, par exemple un formidable Judas et Jésus d’Armand Abécassis ou Les Disparus, de Daniel Mendelsohn laissent à voir – dans des livres touffus où se mélangent siècles et concepts – une manière d’écrire particulière qui, pour parler du présent – y compris dans des romans contemporains – s’appuie sur les versets de la Torah

Delphine Horvilleur ne fait pas exception, qui fait remonter l’antisémitisme à la haine opposant Esaü à Jacob, les fils jumeaux d’Isaac

ce n’est pas le lieu d’une critique exhaustive de ce livre savant

juste quelques spots, entre autres passages :

l’auteure raconte un peuple en mouvement dès l’origine parce qu’issu d’un arrachement sans retour – l’exil d’Abraham –, dispersé et invisible dans les mondes qui l’accueillent – au point que, dit-elle, se couper du Juif c’est se couper d’une partie de soi ; elle fait ainsi la distinction entre l’antisémite – qui détruit celui qui lui ressemble – et le raciste – qui détruit celui qui lui est différent

décryptant le procès en faible virilité fait par la tradition antisémite à l’homme juif, elle – femme, juive et rabbin – ajoute utilement aux débats ouverts sur le genre et sur le féminisme

enfin, tant il est devenu difficile d’évoquer l’un sans l’autre, Delphine Horvilleur évoque le prétexte antisioniste de certains antisémites

à propos d’Israël, de son histoire, de sa justification, j’ai tenté, en 6 chroniques, de préciser ma pensée en novembre 2014 ; je n’en renie rien et soutiens qu’on peut s’opposer à la dérive d’Israël sans être antisémite

de ce dernier chapitre, « l’excepsion juive », on pourrait dire, paraphrasant Cyrano : « c’est un peu court, madame ! » ; il m’a paru in-fini : si Delphine Horviller ne prétend pas en tout soutenir Israël, on aimerait qu’elle précise sa pensée dans un développement plus complet ; on reste sur sa faim …

mais la question d’Israël ne peut masquer le tragique resurgissement de l’antisémitisme, de la haine du prochain … de la haine de soi …

ce livre est utile, il faut le lire

Daniel Gendrin

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