… mission …

en régime capitaliste, le profit immédiat est-il le seul horizon de la conduite d’une entreprise ?

il semble bien que ce ne soit pas toujours le cas …

quand on parle de financiarisation, de quoi parle-t-on ?

dans le régime de retraite par capitalisation, le retraité récupère le moment venu l’argent épargné au cours de sa vie de travail ; il peut l’avoir mis sous son matelas ou à la banque, mais, le plus souvent, il l’a confié à un fonds de pension chargé de le faire fructifier

dans nombre de pays, une épargne gigantesque est ainsi collectée par des organismes – on parle, par exemple, de Blackrock ou de SWIP, le fonds des veuves écossaises – qui, pour faire travailler cet argent, l’investissent dans des entreprises

en France, plus généralement en Europe hors Royaume-Uni, ces fonds sont traditionnellement marginaux ; pourtant, depuis une quarantaine d’années, ils sont plus présents et entrent au capital de nos entreprises à côté des actionnaires traditionnels

apportant de l’argent à l’entreprise, ils sont utiles mais, dans le cas général – certains d’entre eux investissent à long terme –, leur objectif est soit de faire monter rapidement la valeur de l’action pour pouvoir revendre avec plus-value soit d’augmenter les dividendes

dans les 2 cas, leur préoccupation est contraire aux intérêts de tous les autres acteurs – entreprise, salariés, clients, territoire et même actionnaires traditionnels – sans parler de l’environnement ou de toute autre considération d’intérêt général

c’est pour lutter contre les effets pervers de cette « finance sauvage » qu’est apparue depuis une dizaine d’années aux Etats-Unis, puis en Europe*, le concept d’entreprise à mission avec la possibilité d’inscrire dans ses statuts – la rendant opposable aux actionnaires – la mention d’une mission sociale ou environnementale

le PDG retrouve ainsi des marges de manœuvre et perd le risque de voir une politique plus sociale ou plus respectueuse de l’environnement contestée par ses actionnaires

l’organisme à but non lucratif B Lab a créé le label « B Corp » pour vérifier – au bénéfice de tous les acteurs – les engagements d’intérêt général pris par les entreprises qu’il labellise

chacun peut faire le geste citoyen d’orienter son épargne dans des entreprises B Corp ou de demander à son banquier un produit d’épargne labellisé … il y a d’ailleurs bien des chances qu’à moyen terme ce soit plus rentable …

en régime capitaliste, le profit immédiat n’est pas toujours le seul horizon de la conduite d’une entreprise

Daniel Gendrin

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