… de la politique fiscale …

… une volée de bois vert : les réactions au premier budget macronien sont simples et vigoureuses : un budget pour les riches …

entre autres :

le titre du Monde des  8 et 9 octobre 2017 : « les plus riches, grands gagnants du budget Macron » et en commentaire : « les 10 % les plus riches gagneront 700€ par an à la fin du quinquennat, les 10 % les plus pauvres seulement 200 €, selon l’OFCE »

et l’éditorial du même jour de Thomas Piketty : « ISF une faute historique »

… sans parler de ce qu’on dit à la radio …

2 remarques : les riches vont gagner plus, mais les pauvres aussi et, en proportion de leur revenu, beaucoup plus ; cela dit, pour les uns comme pour les autres, c’est marginal : pour les riches, 700 € ce n’est pas le prix des cigares et pour les pauvres, 200 €- par an –  ce n’est pas le Pérou …

ce n’est pas comme cela qu’il faut compter

ce qui choque, et que dénonce Piketty, c’est la suppression de l’impôt sur le capital et le plafonnement à 30 % de celui sur les revenus qui en sont issus

je ne reviens pas au détail de l’article ; Piketty pense que nous sommes entrés dans un monde à croissance faible où les inégalités vont croître indéfiniment sauf à prendre des mesures fiscales – impôt sur les successions, sur le capital et sur le revenu

il affirme par ailleurs que la situation des riches – entrepreneurs ou héritiers – n’est pas mauvaise en France et que leur fortune n’a cessé d’augmenter plus que celle du reste de la population, malgré l’ISF

sur tous ces points il a raison : les riches ne sont pas à plaindre et si l’on n’y prend garde, nous allons vers un monde où les inégalités, devenues insupportables, feront courir un risque majeur à nos démocraties

mais cela ne change rien au fait que lorsque les capitalistes trouvent des meilleures conditions en Belgique, ils investissent en Belgique … on ne peut pas, en même temps pleurnicher sur la déréliction de notre industrie ou sur la vente d’Alstom à des Allemands et matraquer plus que les autres nos propres capitalistes

nous vivons dans une société de concurrence et, sauf à vouloir revenir à un monde soviétisé, il faut bien que les mêmes règles s’appliquent partout : faire chambre à part, mener seuls une politique redistributive, c’est continuer à perdre des parts de marché et des emplois

on peut mener la bataille vers moins d’inégalités au niveau Européen – ou, mieux encore, à celui du G20 -, pas à celui de la France ; Macron n’avait pas le choix : les capitalistes français ne doivent pas être plus mal traités que leurs collègues belges ou allemands

à nous de convaincre les peuples européens ; sortir de la logique de libéralisme effréné est avant tout une bataille culturelle …

Daniel Gendrin

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